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Sport national d’Irak

Depuis l’entrée dans le pays, nous n’avançons pas aussi rapidement qu’auparavant. La faute à quoi ? Aux routes en mauvais état ? Nous y sommes habitués, puis ce n’est pas si pire. Aux dénivelés vertigineux ? Ce n’est pas une colline de 200m qui nous fait peur ! Alors ?

Et bien tout est de la faute des locaux, très friands de photos faites au téléphone portable sur le bord de la route… La plupart des voitures qui nous double s’arrêtent un peu plus loin sur le bas côté, puis sortent en nous attendant. Ensuite, chacun veut être pris avec chacun de nous, puis avec les deux, puis avec nous deux et l’un deux, et ainsi de suite.
Sachant qu’ils sont souvent plus que le nombre réglementaire dans une voiture, vous imaginez facilement le nombre de combinaisons différentes que nous avons à subir…

Exemple ici avec des militaires kurdes sortant d’un taxi.

Comment faire pour éviter ces prises de photos forcées ? Il n’y a pas de solution miracle, car ils insistent tellement qu’il est plus rapide de s’arrêter pour prendre les photos rapidement que de chercher à discuter avec eux… D’autant plus qu’ils ne demandent que très rarement d’où l’on vient et où on va…

Même si cela arrive aussi aux autres cyclistes, nous expérimentons peut-être le début de l’effet « vélo couché » hors d’Europe. A confirmer !

Après Pizza Hut, Tchaï Hut, avec livraison sécurisée !

Nous sommes en Turquie (et oui, on a pris un peu de retard sur le blog !), pas très loin de la Syrie et de l’Irak. Vers 13h, nous voyons une grande montée se profiler : il est temps de s’arrêter avant celle-ci pour reprendre un peu de force. Nous sommes au beau milieu de la campagne, mais nous avons de quoi faire des sandwichs donc pas de problème.

On s’arrête sur le bord de la route et on commence à s’installer quand un homme arrive. Jusque là, rien d’anormal, sauf que…

Cet homme porte une AK-47 sur le dos !

Chasseur ? PKK ? Nous nous demandons à qui nous avons affaire… Après quelques mots, nous voyons que cet homme n’est pas méchant, il nous explique qu’il travaille ici, et que son travail consiste à surveiller un pipeline qui passe un peu plus bas dans la vallée, pour que personne ne vienne se servir…

En attendant sa relève, qui tarde à venir, l’homme à la mitraillette nous apporte du thé chaud directement sur place !

On est jamais au bout de nos surprises en Turquie !

Dangereux d’être cyclo, épisode 2 !

Après les insectes extra terrestres rencontrés qui nous tombent dessus, voici un autre danger du cyclo : les pierres qui nous tombent dessus !

Nous étions au courant d’une pratique un peu particulière des enfants de la région que nous traversons actuellement, mais cela fait bizarre quand on la subit vraiment…

Nous passions tranquillement dans un village quand des enfants nous surplombant à côté de la route ont commencé à nous viser avec des pierres. Celles-ci tombaient à côté de nous (heureusement que ce sont des buses pour viser) pendant que nous essayions, naïfs, de comprendre d’où elles venaient.

La deuxième fois, nous voyons au loin un groupe d’enfants, qui nous voit aussi. Trois d’entre eux se séparent du groupe pour aller se cacher derrière un pan de mur un peu plus loin. Lorsque nous les dépassons, quelques pierres nous frôlent. Je m’arrête et les regarde. Ils font comme si de rien n’était, comme si on n’était pas sûr que ce soit eux les sales garnements…

Le samedi après midi, la Turquie est pleine de groupes d’enfants ne savant plus quelles bêtises inventer… Un peu comme dans la guerre des boutons !

Pourquoi font-ils cela ? Est-ce un geste de violence anti-étrangers ? Est-ce la marque d’une haine quelconque ?
Je pense plutôt qu’il s’agit simplement d’une sorte de jeu, car outre ces quelques jeunes, nous sommes accueillis à bras ouverts par tout le reste de la population, avec une gentillesse sans égal.

Les cyclos sont une cible facile, car on ne se déplace pas très rapidement, et de plus ils savent très bien que peu d’entre nous vont s’arrêter et leur poser problème, ne parlant pas très bien la langue…
Pour contrer cette fâcheuse mouvance, nous avons établi un plan d’action en deux phases :

  • préventivement, nous tentons de « désamorcer » les groupes d’enfants suspects en leur disant « Merhaba » (bonjour) de très loin et en leur faisant des grands coucous amicaux, pour qu’ils renoncent à nous attaquer.
  • si c’est quand même le cas, ou que nous avons affaire à des tireurs embusqués, nous nous arrêtons et descendons des vélos pour les montrer du doigt et faire un mini-scandale afin qu’ils soient repérés par des adultes qui, eux, ne tolèrent pas du tout ce genre de comportement et peuvent leur faire passer l’envie de recommencer.

Une troisième possibilité serait de discuter du problème avec les personnes rencontrées, pour qu’elles soient attentives aux enfants quand des cyclos passent, mais c’est un peu difficile quand ce n’est pas un flagrant délit…

Appel donc à tous les cyclos passant au sud est de la Turquie, essayons d’entraver ce « jeu traditionnel » instauré dans cette région en ne restant pas passif !

Guilhem

Côté femmes !

Côté femmes, c’est relax !
Il y a la grand-mère tatouée au visage, la jeune sœur, et les deux femmes des frères, qui sont elles-mêmes sœurs, et dont une a un bébé. Mais non ce n’est pas compliqué !
Il m’a fallu une bonne heure pour capter l’arborescence de la famille !

Dans la famille « foulard violet », je voudrais la grand-mère !
Les trois « sœurs »

 Le reste du temps, nous nous sommes occupés à jouer avec la petite, trop mignonne !

Chipie !

On a dîné, la télé musulmane en fond, on a discuté un peu, je sais maintenant que nous ne sommes pas chez des kurdes mais des arabes, et on s’est couché, toutes dans la même pièce sauf une. Et oui, la femme qui n’a pas encore d’enfant a le droit de dormir avec son mari.

La jeune mariée

Le matin, réveil aux aurores pour préparer le petit déjeuner de ces messieurs, ballade dans le village, puis séance déguisements !

Ballade sur la colline qui surplombe le village

Sabrina m’a guidée !

La maman !

La vaisselle se fait accroupie au milieu de la cour !

Je ne pensais pas être si grande…


Trouvez l’intrus !

Manque le sarouel !

Côté animaux !

Et oui, dans un petit village comme ça, en quasi autarcie, les animaux ont une grande importance !

Il y a les poulets, la plupart hauts sur pattes et qui gambadent, pour les oeufs et la viande.

Celui-là, c’est le chef du clan, il a droit à quelques belles plumes !

Les moutons, pour le lait bien sûr, mais aussi la laine qui est revendue et la bouse qui sert de combustible. Une bonne partie des agneaux sont vendus également chaque année.

baston générale !

En me promenant, je n’ai vu que les agneaux, le reste du troupeau étant déjà partis dans les collines avec les bergers.

Il y a des vaches et des ânes dans le village, mais pas chez nos hôtes.


Et bien sûr, les moineaux, squatteurs sur tous les continents !

Bonjour, il y a un market dans le village ? – Entrez, voici un goûter, puis vous dînerez et dormirez ici !


 Ici c’est comme ça : vous venez pour demander où se trouve le market pour acheter du pain, et l’on vous offre l’hospitalité le plus spontanément du monde !

Le premier contact est très chaleureux, comme ne le montre pas la photo ci-dessous :

Abdul Hamit : il a l’air un peu rustre au premier abord, mais il est en fait très sympa !


Pour le respect de la tradition de cette région, nous allons séparer cet article en plusieurs parties, pour ne pas effectuer de mélange des genres : tout d’abord, nous traiterons du côté homme, puis nous verrons celui des animaux, pour terminer par celui des femmes !
J’entends déjà les réactions outrées devant cet ordre arbitraire,mais bon, ici c’est comme ça !

Cinq minutes donc après avoir été invité à entrer dans la maison, voici qu’arrive un plateau d’argent (ou assimilé) rempli de mets délicieux : du fromage de brebis chaud, accompagné de yaourt (de brebis aussi), du pain et des olives très douces. Nous goûtions ce type de fromage pour la première fois, et nous l’avons trouvé particulièrement bon !

Notre maison d’un soir

Après quelques discussions plus ou moins faciles, ou nous parvenons à expliquer notre parcours effectué et à venir, Eglantine est invitée à passer de l’autre coté, celui des femmes. Je ne la reverrai plus jusqu’au lendemain ! Je passe donc le reste de la soirée, la nuit et la matinée en compagnie des hommes : ceux de la maison, ceux de celles d’à côté ainsi que de beaucoup d’autres !

  • Côté hommes

Une particularité des hommes du coin est qu’ils portent tous, sans exception, le sarouel, une sorte de pantalon avec une entrejambe très, très très basse. Le sarouel d’ici est un peu différent de celui que l’on peut voir par chez nous (dans les festivals essentiellement !), car il est coupé de telle sorte qu’il est possible de prendre toutes les poses que l’on veut lorsque l’on s’assoit avec, du tailleur jusqu’au grand écart (je n’ai pas pu vérifier !). C’est pratique quand ils sont assis, mais cela leur fait une sorte de queue en marchant… C’est un style !

On rigole on déconne ! Les Turques sont assez fan des photos !

Une autre particularité, moins universelle, est le port du voile pour les hommes. Certains en portent un, le plus souvent violet ou quadrillé rouge et blanc, cela dépend, mais de quoi nous n’avons encore pu le deviner !

Pendant la soirée, il y a eu plusieurs phases, dépendantes du type de personne se trouvant dans LA pièce.

Position de repos et d’observation, accroupi sur un petit muret !

La notion de hiérarchie est très importante semble-t-il, ainsi les plus jeunes ne prennent plus la parole si un de leurs aînés se trouve dans la même pièce. Cela fait bizarre parfois, quand d’un joyeux brouhaha, l’ambiance passe à une discussion sobre et entrecoupée de silences entre deux « aînés » juste rentrés dans la pièce…

Pas question de mélanger les genres : hommes d’un côté, femmes de l’autre, toute la journée et même la nuit !

Nous étions une dizaine au moment du repas, qui s’avale à une vitesse folle, puis nous avons digéré en regardant les nouvelles à la télé. Personne n’a parlé pendant une bonne vingtaine de minutes… Puis les visiteurs se sont levé et sont partis, d’un coup sans prévenir ; cela a un peu détendu l’ambiance. Nous avons sorti un jeu, commun dans les bars à thé de Turquie, pour y jouer jusqu’à pas d’heure.
Je me suis couché pour ma part avant les autres, dans la même pièce, où un matelas m’a été apporté.

Le lendemain matin, réveil à 9h (grasse mat !). Je vois Églantine, par la fenêtre, qui elle est levée depuis deux bonnes heures… Mais c’est une autre histoire, à suivre « côté femmes » !

Guilhem

A la Turca

Ici, les hommes et les femmes ne passent pas la journée ensemble, c’est comme ça !

Nous sommes accueillis une journée complète chez Hassan. Après un trajet en camion stop, nous arrivons chez lui, ou plutôt chez son père, Ömer. Nous ne sommes pas à Konya comme indiquait notre panneau de stop, mais Hassan va se démener pour nous y amener !

Mais tout d’abord, nous partageons un repas le soir de l’arrivée. Après avoir étalé la nappe par terre, dans la seule pièce chauffée de la maison, Seher, la femme d’Hassan, apporte un grand plateau plein de plats différents qu’elle pose sur un support lui-même sur la nappe.
Nous nous approchons pour tremper notre pain sorti du poêle dans la soupe de lentilles, le riz pilaf et la salade. Une fois terminé, nous enlevons tout ça pour faire place au thé.
Jusqu’ici, rien de très nouveau pour nous, ce n’est pas la première fois que nous sommes accueillis par les sourires d’une famille turque !

Repas du soir

Les pains réchauffés au poêle !

Notre chambre, chauffée pour l’occasion !

Par contre, le lendemain, Hassan nous dit que le bus ne prend pas les vélos. Nous essayons de lui dire que nous pouvons prendre nos vélos et partir d’ici en pédalant, comme ce qu’on a fait jusqu’à présent, mais ce n’est pas une option, il nous emmènera jusqu’à Konya coûte que coûte !
Mais demain, du coup, nous passons une journée à Karaali, petit village entre Ankara, Konya et Antalya.

Ömer, Eren, Seher, Fatma et Hassan, nos bienfaiteurs !

Les femmes de la maison !
Eren et Ali

Le grand-père gâteau

La grand-mère

Ömer et la théière
La bouille d’Ali !

C’est là que c’est marrant !

Nous nous réjouissons de passer la journée ici, on se dit que ça nous laissera le temps de se promener dans la neige, de régler quelques problèmes de vélo, de rattraper mon retard sur le journal de bord, mais il n’en est rien.

Voilà la version d’Eglantine :
Après notre super petit dej et une dizaine de thés, je sors mon tricot, pour montrer à Seher et Fatma que moi aussi, je peux faire des petits chaussons ! Peu après, Seher m’offre un voile qu’elle s’empresse de me mettre sur la tête. Guilhem ne me reconnaît pas, mais il n’est pas au bout de ses surprises, j’enfile ensuite un de ces sarouels en pane de velours et un gilet à perles, une vraie turque !
D’ailleurs, en vraie turque, on m’embarque avec d’autres femmes pour fêter les fiançailles d’une jeune fille dans une autre maison. Au programme, quelques heures de crochet, à genoux par terre, sous les regards intrigués d’une quinzaine de femmes (sont inclus dans « femmes » les hommes de moins de 16 ans ou de plus de 60 ans).
Et puis nous mangeons, toujours à genoux, puis le thé, puis ça discute, toujours à genoux, puis je sors pour me dégourdir les jambes et me rafraîchir un peu, c’est une vraie shtouffe là-dedans ! Et c’est reparti pour quelques heures de crochet, toujours à genoux. J’ai chaud, j’ai les yeux qui commencent à faire des tours à force d’observer ces petites aiguilles qui transforment un petit fil en jolie fleur en deux temps trois mouvements, et malgré ma grande maîtrise du turc, je ne parviens ni à comprendre ni à me faire comprendre, du coup j’observe, et je suis contente !

Première étape, le voile.

Changement de voile.

Turque de la tête aux pieds !

Tenue de mariage et bébé dans les bras !

Regard concentré, regard découragé : le crochet !
Seher, me montre ses travaux

Fait main ! Je n’ai pas encore le niveau je crois…

La version de Guilhem au prochain épisode !