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Albanie, Part 3 : les maisons

En Albanie, on a eu l’occasion de voir de près les maisons, et ce, pour plusieurs raisons :

• d’une part parce qu’il y en a partout, et nous n’avons pas roulé 2 kilomètres sans voir de maisons (sauf du côté de la frontière grecque et haut dans les montagnes).
• et d’autre part parce que nous avons toujours été reçus à l’intérieur, chez les gens lorsqu’on demandait un espace pour la tente.

Du coup, nous pouvons donner une bonne description des constructions à l’albanaise. Voilà quelques caractéristiques frappantes :

• généralement, elles ne sont pas terminées. La plupart du temps, il y a au moins un étage qui reste ouvert, béton à nu, sans porte ni cloison. Et parfois, il y a seulement le mur de clôture avec un énorme portail. Il y a aussi quelque chose avec les nounours. En général, sur les maisons non terminées, il y a des nounours accrochés. Nous n’avons pas élucidé cette énigme pour le moment…


Les trucs qui pendouillent sont les fameux nounours.

• Les albanais sont les rois du béton. Les maisons sont TOUTES en béton, des planchers aux toits en passant par les escaliers et les murs (ben oui, comme les maisons ne sont pas terminées, ça permet d’en savoir plus sur les modes de construction !). Parfois il y a de la grosse brique aussi, mal jointoyée, sinon, c’est trop solide !
• Elles sont grandes, avec souvent plusieurs étages, mais comme ils ne sont pas tous terminés, finalement, ce n’est pas si grand.
• Il y a énormément de constructions nouvelles. Par exemple à la périphérie de Durës, ville de bord de mer, où des centaines d’immeubles tout neufs attendent leurs propriétaires, le jour où l’Albanie sera un pays touristique. Mais bon, pour le moment, il n’y a pas de route, alors ce n’est pas très pratique pour le tourisme.

Il y a des immeubles comme ça sur des km !

• Visiblement, il n’y a ni l’eau courante, ni le tout à l’égout. Chacun a son conteneur d’eau perché sur le toit et on ne voit aucun réseau de récupération des eaux usées. Pour les châteaux d’eau individuel, c’est pratique, ça fait l’eau chaude en même temps quand il y a du soleil. Pour illustrer, voilà une petite citation d’une dame qui nous a accueillis, traduite de l’albanais par langage international des signes « ah non, on ne peut pas prendre de douche à cette heure-ci, il fait nuit… ».

• Le chauffage maintenant ! Dans toutes les maisons où nous sommes allés, seule une pièce, la cuisine, est chauffée…par la cuisinière. Finalement, ce système est assez pratique, et nous nous demandons un peu pourquoi nous n’avons pas gardé ce système dans certaines maisons française. Le combiné chauffage-four-plaque de cuisson nous parait presque révolutionnaire ! Bon, par contre, ça ne cuit pas très vite et quand il faut accélérer le mouvement, il faut sortir le camping-gaz.
• L’organisation intérieure de la maison est souvent similaire sur notre échantillon non représentatif de 5 maisons. Il y a toujours un perron, avec plus ou moins de marches, où il faut se déchausser avant d’entrer. Quoi qu’il en soit, le perron est le signe extérieur de richesse par excellence et plus il est beau et brillant, plus c’est « chic » à l’intérieur. Ensuite, on trouve un grand couloir qui sert à ranger les vélos des voyageurs perdus. Ce couloir dessert un ou deux salons ou chambres, un escalier quand l’étage du dessus est terminé, une salle de bain, la cuisine d’hiver, chauffée, et souvent, la cuisine d’été.
• La salle de bain. Nous n’avons pris qu’une seule fois une douche chez les albanais. Souvent, le bac de douche (quand il y en a un) sert de bac à linge sale. Visiblement, ils ne se servent pas souvent de la douche, sauf en remplacement du papier toilette, inexistant dans les toilettes à la turque. Ça aussi, c’est un système qui n’est pas idiot, peut-être plus hygiénique et en tout cas moins polluant que le PQ.

 • Et enfin, la déco. D’une kitschitude infinie, avec dorures et tapisseries compliquées. Les sols sont toujours en carrelage bien brillant, il y a des napperons et des fleurs en plastique sur toutes les tables, et une femme (la mère ou la plus vieille fille encore dans la maison), se charge d’entretenir tout ça pour que ça brille bien.

Demain, l’article sur l’Albanie : le pays !!


2 réflexions au sujet de « Albanie, Part 3 : les maisons »

  1. Anonymous

    Dans beaucoup de pays « du sud », on ne paye les impôts locaux qu’après l’achèvement des travaux. Et puis, on veut toujours plus de pièces pour recevoir les amis ou les expatriés, s’ils reviennent.
    Il y a aussi le manque de moyens.
    Alors, on se défoule sur le mur de clôture, côté entrée et surtout sur la grille qui montre ainsi qu’on est « riche ».
    Henri de Lépinay.

  2. Jean-Yves de Lépinay

    Une très ancienne tradition valaque consistait à accrocher une tête de mouton sur sa maison pour éloigner le mauvais oeil. On y ajoutait aussi quelques gousses d’ail (comme en Roumanie, par exemple, puisque les vampires (Dracula est valaque) sont terrorisés par l’ail !.
    Même si l’Albanie n’est pas valaque, l’influence des croyances des peuples voisins y est d’autant plus importante aujourd’hui que le régime communiste avait sans pitié traqué toutes les croyances religieuses et les superstitions… qui réapparaissent de plus belle depuis vingt ans !
    Les cornes de bélier, l’ail et les drapeaux rouges et les peluches sont donc des objets qui doivent, dans l’esprit de la population, éloigner le mauvais oeil, d’après les anthropologues locaux.

    Ce mauvais oeil est souvent la conséquence de la jalousie des voisins devant la « réussite » de celui qui a fait construire une nouvelle maison. Signe de la tyrannie des petits pouvoirs locaux, voire familiaux. Tout le contraire de l’anarchisme !

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